MLS 2012 : Le peuple montréalais devra activer le gène de la patience
C’est peut-être à cause du fait que la province de Québec est une des seules régions d’Amérique du Nord à abriter autant de gens dont du sang latin coule dans les veines, ou bien parce qu’elle est habituée aux succès légendaires du Canadiens de Montréal, mais trop souvent les Québécois ont eu la mèche courte envers leurs équipes sportives et cette première saison dans la Major League Soccer sera un énorme test pour l’Impact : celui de convaincre environ 8 millions de personnes que la patience est impérative pour la vitalité du projet, qu’il soit à court, moyen ou long terme.
Gardons premièrement une chose en tête : l’équipe arrive comme une équipe d’expansion, concept typique des sports nord-américains, qui n’est donc pourtant pas étranger ici. Analysons quelque peu le résultat des expansions vues en MLS ces dernières années.
Toronto FC (2007)
Débutons par l’ennemi juré de l’Impact, aussi parce que c’est le premier club canadien à avoir intégré la ligue. L’année 2012 semble être enfin celle où le TFC mettra un terme à sa séquence d’atroce nullité et aspirera légitimement à une place en série, la première de l’histoire pour un club canadien. L’équipe, qui a dû amorcer une nouvelle reconstruction l’année dernière, va définitivement de l’avant à l’heure où on se parle et son succès en Concachampions (maintenant en demi-finale, devenant du coup le meilleur résultat de l’histoire pour un club canadien dans la compétition aouch ça fait mal) le démontre sans le moindre doute. Le fait demeure que le TFC en est à sa 6e saison dans la MLS et qu’à sa 1ère il avait fini bon dernier des 13 équipes, avec seulement 6 victoires en 30 matchs. L’équipe est donc loin d’être l’exemple à suivre, même si elle a eu la 2e meilleure moyenne de la ligue au niveau de l’assistance avec un peu plus de 20 000 personnes à chaque match au BMO Field. À noter, au niveau de la MLS, c’est l’arrivée surmédiatisé de David Beckham avec le Galaxy.
Le Dynamo de Houston est champion de la Coupe MLS.
Sounders de Seattle FC (2009)
Tout comme l’Impact, les Sounders ont dû passer par la 2e division (A-League et USL), voyant même l’Impact mettre un terme à l’existence du club en USL en les éliminant en ¼ de finale des séries de 2008 (dans un Stade Saputo en délire). Pour sa 1ère saison en MLS, le club d’expansion devient un exemple à suivre, en terminant 3e de la Conférence de l’Ouest et 4e au total, un vrai exploit (Toronto terminant 12e, il faut le préciser). Il sera plus tard éliminé en ¼ de finale des séries. Le club termine également au 1er rang pour l’assistance dans la ligue, avec une moyenne de plus de 31 000 partisans à chaque match! Cette année-là, l’équipe devient la 2e de l’histoire à remporter la US Open Cup et à se qualifier pour les séries à sa 1ère année existence (le Fire de Chicago fut les 2 fois la 1ère équipe).
Le Real Salt Lake est champion de la Coupe MLS.
Union de Philadelphie (2010)
Club qui naît sans aucune base quelconque, suivant donc le modèle du Toronto FC, l’Union connaît d’énormes difficultés à sa 1ère année en terminant 7e dans la Conférence de l’Est et 14e sur 16 équipes avec 8 victoires en 30 matchs (TFC termine 11e). Sébastien Le Toux est le 1er joueur de la concession à marquer, étant également parallèlement le 1er à noircir la feuille de pointage contre l’Impact en MLS (un joueur qui avait auparavant aussi passé par la 2e division nord-américaine). L’Union ne semble pas se diriger vers quelques choses de meilleur cette saison même après avoir terminé 3e dans l’Est l’an passé et 8e de la table générale. Pas mal d’observateurs les placent bons derniers de la Conférence de l’Est en 2012, surtout à cause des départs de joueurs importants (Le Toux, Mondragón et Carlos Ruíz).
Le Rapids du Colorado est champion de la Coupe MLS.
Whitecaps de Vancouver FC (2011)
2e club canadien à intégrer le circuit a priori américain, les Whitecaps connaît des débuts excessivement décevants même s’ils ont, comme les Sounders, passé par la division inférieure. L’équipe remporte 6 victoires en 34 matchs et termine bonne dernière des 18 équipes de la ligue. On se souvient quand même très bien du 1er match de l’histoire, à l’Empire Field, alors que les Whitecaps avaient battu le Toronto FC dans un des Clásico du Canada par la marque de 4-2, avec le 1er but de l’histoire inscrit par le joueur désigné Éric Hassli. La foule était survoltée et les ‘Caps ne pouvaient simplement pas perdre ce match…Ça avait tout de même pris 11 rencontres pour que l’équipe renoue avec la victoire! 2012 s’annonce toutefois complètement à l’opposé du jeu exposé sur le terrain l’année dernière. L’attaque sera leur faire-valoir, avec les Hassli, Le Toux et Camilo, appuyés par les jeunes Omar Salgado et Darren Mattocks. L’équipe de la Colombie-Britannique n’aura aucun problème offensif en 2012.
Timbers de Portland (2011)
L’année 2011 est chargée en MLS car 2 équipes l’intègrent. Contrairement à ses rivaux du nord de la frontière, les Timbers connaissent une saison très intéressante en terminant aux portes des séries avec une 6e position dans la Conférence de l’Ouest et une 12e au total. Une partie de la magie vient peut-être du support inconditionnel de la Timbers Army, assurément dans les meilleurs groupes d’Ultras de la MLS, qui pourrait même faire rougir quelques groupes d’Ultras d’Europe et d’Amérique latine. Portland a déjà commencé la nouvelle saison du bon pied avec une victoire de 3-1 aux dépens de l’Union et sera une des équipes de l’Ouest à surveiller.
Le Galaxy de Los Angeles est champion de la Coupe MLS.
L’Impact s’inspirera-t-il de l’exemple des Sounders et des Timbers, ou bien empruntera-t-il le terrain marécageux du TFC, de l’Union et des Whitecaps? Dans tous les cas, les 4 derniers clubs d’expansions (excluant nos voisins ontariens) ont tous gagné leur 1er match à domicile, nous permettant donc d’aspirer à une victoire contre le Fire (ce que je crois sans l’ombre d’un doute). L’effet de la foule sera un élément majeur qu’il ne faut pas négliger. Il y aura environ 60 000 personnes au Stade olympique pour le Onze Montréalais : support indéniable. C’est d’ailleurs une caractéristique qu’on retrouve pour l’instant dans les 3 villes canadiennes du circuit : les partisans sont présents et manifestent leur support de belle façon. Le soccer s’implante et cela sera bénéfique à moyen/long terme pour la sélection nationale.
À ce qui a trait au match inaugural de l’histoire de l’Impact en MLS la semaine passée contre ses rivaux de l’ouest canadien, plusieurs choses sont à retenir. En commençant par le positif : la joie de pouvoir voir enfin un match à l’extérieur avec une qualité d’image à haute définition était quelques choses d’utopique auparavant. Maintenant, c’est soudainement devenu réalité.
Du côté négatif, ce qui ressort du lot est l’effet nervosité très présent…trop présent pour des joueurs professionnels à mon avis. Évidemment la cohésion, la chimie, les réflexes/réactions, le sang-froid, l’habitude et les prises de décisions sont tous des synonymes reflétant la défaite de 0-2. Cela fait partie du processus que doit vivre une équipe d’expansion composée de joueurs venant de tous les horizons ; l’Impact doit automatiquement passer par là. On peut quand même dire que pour un match à l’extérieur, le club a effectivement réussi à se créer des chances potables qui laissent présager de belles choses pour ce samedi et le reste de la saison.
En analysant brièvement la performance des joueurs contre Vancouver, on peut rapidement dire que Mapp, Braun, Walh et Bernier ont connu des difficultés; on se serait attendu à mieux. Même son de cloche pour Ricketts, qui ne semblait pas être le gardien qui a la meilleure moyenne de buts accordés de l’histoire de la MLS. Mapp a connu quelques bons flashs, où son expérience est ressortie (quand même 8 ans avec Chicago) et devrait rebondir, tout comme Bernier et Walh, quand on le mettra à sa position naturelle de défenseur latéral. Pour moi, c’est vraiment Braun le gros point d’interrogation, il n’est vraiment pas le pivot idéal pour compléter Nyassi. Il semblait vraiment trop impressionné par l’événement. Bien hâte de voir Valentin et Rivas entrer en action : le colombien devrait compléter une paire de défenseurs centraux de grande qualité avec Ferrari! Sinon du côté positif, Arnaud, Felipe, Wenger, Nyassi (même avec l’atroce but qu’il a manqué) et Ferrari ont montré de belles choses encourageantes pour la suite.
Hassli, (puissant, physique, technique) était le meilleur joueur sur le terrain et il est exactement le genre de joueur pas énormément connu mondialement que l’Impact aurait dû dénicher. Espérons que le joueur promis par Saputo sera au minimum tout aussi important pour l’Impact que l’est le Français.
Pour le match de ce samedi 14h, la contre-attaque sera la clé du Fire. Un visage très connu des inconditionnels de l’Impact sera dans le camp de Chicago, soit l’ancien gardien #1 en 2e division américaine des Whitecaps de Vancouver, Jay Nolly. Quelques autres noms connus font aussi partie de l’équipe de l’Ohio, comme le capitaine Logan Pause, l’ex-international allemand Arne Friedrich et présent à l’Euro 2004 et 2008 et à la Coupe du monde 2006 et 2010 (!), Pável Pardo (148 sélections avec le Mexique), Dominic Oduro et Marco Pappa.
Classé au 6e rang l’an passé dans la Conférence de l’Est, le Fire de Chicago a manqué les séries de bien peu, mais les prédictions ne sont pas énormément favorables dans leur cas pour 2012.
L’Impact atteint donc la maturité, l’âge adulte, avec son passage en MLS à sa 18e année d’existence, une assez belle image qui veut tout dire. Montréal, une ville d’événements de toutes sortes, vivra une autre journée historique en ce samedi 17 mars 2012. Le record de 58 542 établi en 1981 au Stade olympique lors de la rencontre entre le Manic de Montréal et le Sting de Chicago sera battu aujourd’hui.
Allez l’Impact Allez, Tous Pour Gagner!
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A.R.R.S.











comme laut’ disait hier, la saison est jeune!!! vive l’impact! vive le québec!! straight to tha top baby!!